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Construire une serre bioclimatique : notre retour d’expérience

Un an de chantier pour une serre passive, hors gel et à arrosage automatique
5 novembre 2026 par
Construire une serre bioclimatique : notre retour d’expérience
Delphine – MissTea Time

Notre serre bioclimatique : un an de construction, et un abri pour nos plantes toute l’année.

C’est dans cette serre que nous lançons nos semis et que nous protégeons les plantes les plus fragiles de nos tisanes. Voici comment nous l’avons construite, avec nos réussites… et nos erreurs.

La serre bioclimatique MissTea Time

Le principe

C’est quoi, une serre bioclimatique ?

Une serre bioclimatique est une serre « passive » : elle accumule l’énergie du soleil pendant la journée et la restitue la nuit. Elle reste ainsi hors gel, avec des températures plus douces.

La chaleur est stockée dans des matériaux lourds : l’eau, la pierre, la terre. On peut par exemple ajouter des réservoirs d’eau peints en noir, qui chauffent au soleil.

Notre cahier des charges

  • Une température gérée sans intervention : les fenêtres s’ouvrent automatiquement.
  • Un entretien réduit au maximum : un bâtiment solide, qu’on peut nettoyer au jet.
  • Un arrosage automatique : la serre doit continuer à vivre pendant nos absences.
  • Une construction réalisable seul, par une personne un peu bricoleuse : cela réduit les coûts et facilite les réparations.
  • Un bel endroit de vie, où l’on a envie de passer du temps.

Une production toute l’année

La construction nous a pris un an. Cette page raconte une expérimentation, avec des succès et des échecs qui ont évolué au fil des saisons.

La serre bioclimatique terminéeAloe vera et fraisiers dans la serrePlantes en pleine croissance dans les bacs de la serreSemis et plan de travail dans la serre

Les fondations : attention à l’humidité

L’emplacement était parfaitement ensoleillé… mais en zone inondable. Nous avons donc coulé une chape de béton et monté 60 cm de mur. Ce n’est pas indispensable partout, mais gardez en tête que le pire ennemi du bois, c’est l’humidité.

Le mur nord est en dur : isolé à l’extérieur et crépi d’une couleur sombre à l’intérieur, il sert d’accumulateur de chaleur. Les trois rangées de parpaings ont été une excellente idée : la pente du toit est moins abrupte et nous avons pu faire des bacs de bonne taille.

Le terrain avant la construction de la serreFerraillage de la chape de bétonLe mur nord et le soubassement en parpaings

La charpente en douglas

Une scierie nous a livré le bois de la charpente : du douglas, naturellement résistant à l’humidité. Nous l’avons traité avec un mélange d’essence de lin et de térébenthine pour renforcer sa résistance.

Comme le bois grisaille avec le temps, nous l’avons « peint » avec un mélange de terres pigmentées et d’huile de lin : le prix est dérisoire et le rendu superbe.

Entre le bois et les parpaings, une bande bitumineuse évite les remontées d’humidité. Pensez aussi à prévoir l’emplacement de la porte avant de monter les parpaings qui l’entourent.

  • Préparez un plan avec les dimensions, les matériaux et l’ordre des étapes : mieux vaut passer une journée à réfléchir que couper trop court.
  • Travailler seul demande quelques astuces : ici, un parpaing maintient une pièce de bois le temps de la fixer.
Traitement des planches de douglasPose de la charpente sur le mur nordCharpente en douglas en cours de montagePose des vitrages de la façadeOuvrant de toit avec vérin automatiqueLa porte et le côté de la serre

L’aménagement intérieur et les bacs

Quelques tracés au sol permettent de bien visualiser l’intérieur. Le plus difficile a été d’estimer le passage le long du mur, en prévoyant des réservoirs d’eau dont nous ne connaissions pas encore les dimensions.

Pour obtenir de jolis bacs arrondis, nous avons coulé du béton armé entre deux planches. C’est approximatif, mais très solide : on peut monter dessus sans souci. Le plus important : prendre son temps.

Tracé des bacs sur la dalleCoffrage arrondi des bacsCoffrage d’un bac en béton

Des bacs à réserve d’eau (wicking bed)

Pour stocker un maximum de chaleur, l’idéal est de la conserver dans l’eau. Les bacs sont donc construits en « wicking bed », des bacs à réserve d’eau :

  • les 30 cm du bas forment une réserve d’eau, sur une bâche d’étang, avec des tuyaux percés qui répartissent l’eau dans tout le bac ;
  • tous les 40 cm, des « cheminées » de sable font remonter l’eau du fond vers la surface ; l’eau reste stockée entre les cailloux ;
  • au-dessus des cailloux, un géotextile empêche la terre de combler les espaces réservés à l’eau ;
  • enfin, on ajoute la terre végétale, du bois mort, des coquilles d’œuf, de la paille et de la tonte de pelouse.
Bâche d’étang dans un bacTuyaux percés de la réserve d’eauRéserve d’eau en gravier au fond du bacGravier et cheminées de sable dans le bac arrondiGéotextile au-dessus de la réserve d’eauBois mort et terre végétale pour remplir les bacsRemplissage du bac en couchesBac rempli de terre, prêt à planterPlante grimpante sous la charpente de la serre

C’est ici que poussent une partie de nos plantes à tisane

Créer des bacs de culture Nos plantes du jardin
Delphine, fondatrice de MissTea Time

Écrit par Delphine, fondatrice de MissTea Time

Delphine cultive, sèche et assemble nos plantes dans l’atelier de Saint-Jean-Froidmentel (41), entre Vendôme et Châteaudun. Elle partage ici ses conseils, ses recettes et l’histoire des chats qui inspirent chaque mélange.

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