Notre serre bioclimatique : un an de construction, et un abri pour nos plantes toute l’année.
C’est dans cette serre que nous lançons nos semis et que nous protégeons les plantes les plus fragiles de nos tisanes. Voici comment nous l’avons construite, avec nos réussites… et nos erreurs.

Le principe
C’est quoi, une serre bioclimatique ?
Une serre bioclimatique est une serre « passive » : elle accumule l’énergie du soleil pendant la journée et la restitue la nuit. Elle reste ainsi hors gel, avec des températures plus douces.
La chaleur est stockée dans des matériaux lourds : l’eau, la pierre, la terre. On peut par exemple ajouter des réservoirs d’eau peints en noir, qui chauffent au soleil.
Notre cahier des charges
- Une température gérée sans intervention : les fenêtres s’ouvrent automatiquement.
- Un entretien réduit au maximum : un bâtiment solide, qu’on peut nettoyer au jet.
- Un arrosage automatique : la serre doit continuer à vivre pendant nos absences.
- Une construction réalisable seul, par une personne un peu bricoleuse : cela réduit les coûts et facilite les réparations.
- Un bel endroit de vie, où l’on a envie de passer du temps.
Une production toute l’année
La construction nous a pris un an. Cette page raconte une expérimentation, avec des succès et des échecs qui ont évolué au fil des saisons.




Les fondations : attention à l’humidité
L’emplacement était parfaitement ensoleillé… mais en zone inondable. Nous avons donc coulé une chape de béton et monté 60 cm de mur. Ce n’est pas indispensable partout, mais gardez en tête que le pire ennemi du bois, c’est l’humidité.
Le mur nord est en dur : isolé à l’extérieur et crépi d’une couleur sombre à l’intérieur, il sert d’accumulateur de chaleur. Les trois rangées de parpaings ont été une excellente idée : la pente du toit est moins abrupte et nous avons pu faire des bacs de bonne taille.



La charpente en douglas
Une scierie nous a livré le bois de la charpente : du douglas, naturellement résistant à l’humidité. Nous l’avons traité avec un mélange d’essence de lin et de térébenthine pour renforcer sa résistance.
Comme le bois grisaille avec le temps, nous l’avons « peint » avec un mélange de terres pigmentées et d’huile de lin : le prix est dérisoire et le rendu superbe.
Entre le bois et les parpaings, une bande bitumineuse évite les remontées d’humidité. Pensez aussi à prévoir l’emplacement de la porte avant de monter les parpaings qui l’entourent.
- Préparez un plan avec les dimensions, les matériaux et l’ordre des étapes : mieux vaut passer une journée à réfléchir que couper trop court.
- Travailler seul demande quelques astuces : ici, un parpaing maintient une pièce de bois le temps de la fixer.






L’aménagement intérieur et les bacs
Quelques tracés au sol permettent de bien visualiser l’intérieur. Le plus difficile a été d’estimer le passage le long du mur, en prévoyant des réservoirs d’eau dont nous ne connaissions pas encore les dimensions.
Pour obtenir de jolis bacs arrondis, nous avons coulé du béton armé entre deux planches. C’est approximatif, mais très solide : on peut monter dessus sans souci. Le plus important : prendre son temps.



Des bacs à réserve d’eau (wicking bed)
Pour stocker un maximum de chaleur, l’idéal est de la conserver dans l’eau. Les bacs sont donc construits en « wicking bed », des bacs à réserve d’eau :
- les 30 cm du bas forment une réserve d’eau, sur une bâche d’étang, avec des tuyaux percés qui répartissent l’eau dans tout le bac ;
- tous les 40 cm, des « cheminées » de sable font remonter l’eau du fond vers la surface ; l’eau reste stockée entre les cailloux ;
- au-dessus des cailloux, un géotextile empêche la terre de combler les espaces réservés à l’eau ;
- enfin, on ajoute la terre végétale, du bois mort, des coquilles d’œuf, de la paille et de la tonte de pelouse.









C’est ici que poussent une partie de nos plantes à tisane
Créer des bacs de culture Nos plantes du jardin